On ne le dira jamais assez, l’avènement et la fulgurante évolution du numérique sont en train de provoquer un véritable bing bang dans plusieurs domaines de la vie courante. C’est ce qui arrive notamment au très sensible secteur de l’information et de la communication.

Avec une détermination digne d’un médecin légiste, Guillaume Kingh Farel, Chef de travaux à l’IFASIC, a entrepris des recherches dans ce champ presqu’inexploré. Au finish, il y a consacré carrément son mémoire de DEA, travail Intitulé « la communication numérique dans le paysage médiatique congolais, une étude ethnographique des usages du téléphone portable par les journalistes ».

Défendu publiquement, le jeudi 25 juillet à l’école doctorale de l’IFASIC, ce travail a été très bien apprécié par le jury qui n’a pas manqué d’en relever le caractère original. Pour tout dire, cette dissertation part du constat selon lequel la croissance rapide des technologies de l’information et de la communication et l’innovation dans les systèmes numériques sont à l’origine de grandes mutations qui bouleversent radicalement nos modes de pensée, de comportement, de communication, de travail, et modifient de manière significative les processus de collecte, de traitement et de diffusion de l’information.

Il note en outre qu’avec l’émergence du téléphone portable, l’on assiste à une prolifération des fonctions et des facilités attribuées à ce dispositif technique, notamment  l’accès à une infinité d’informations et de données, la distraction, le divertissement et la gestion des tâches et des activités du journaliste au quotidien.

Tout en étant un petit dispositif, le téléphone portable offre de nos jours une panoplie de services à ses utilisateurs : appels téléphonique, jeux, SMS /MMS, traitement des textes, photos, vidéos, radio, réseaux sociaux, accès à internet, studio numérique et banc de montage. De nouvelles pratiques voient ainsi le jour avec la multiplication des journaux en ligne, constituant ainsi la principale source d’information. Ainsi, le téléphone portable est abordé dans ce travail non pas comme un simple objet de communication mais comme un outil de production d’usages, de contenus médiatiques et de comportements sociaux.

En guise de questionnement de recherche Guillaume Kingh Farel lance : quels sont les nouveaux usages du téléphone portable par les journalistes ? a cette question de recherche, il oppose l’hypothèse selon laquelle, au-delà des fonctions traditionnelles, le téléphone portable permet une appropriation médiane de la part des journalistes et que l’usage qu’en font les journalistes s’inscrit sur toute la chaîne de production journalistique.

S’agissant de la grille méthodologique, l’auteur indique que sa recherche s’inscrit dans l’axe de la compréhension en ce qu’il s’agit d’une enquête qualitative à visée descriptive. Il est question d’identifier les pratiques professionnelles, informationnelles, culturelles et communicationnelles des journalistes dans les différents usages.

Au terme de cette étude, il ressort qu’aujourd’hui le téléphone portable est devenu un nouveau moyen de communication, une source additionnelle d’information, un canal qui rend visibles le profil et le travail professionnel. Il ressort également que les fabricants des téléphones mobiles vont d’innovation en innovation au point que, en 2030, on pourrait avoir un téléphone portable plus complexe avec des applications numériques pouvant permettre une certaine autonomie vis-à-vis des supports existants tels que la radio, la télévision, les journaux et l’internet. Cependant, l’absence d’une règlementation claire dans le domaine de l’internet, en particulier dans la régulation des médias en ligne, pourra être source des conflits.

Entre temps, Guillaume King Farel a obtenu son diplôme de DEA le 31 juillet dernier. Il a été admis au doctorat.