Le 3 mai de chaque année, l’humanité célèbre la journée mondiale de la liberté de la Presse. En raison des circonstances particulières liées à la pandémie du coronavirus, aucune manifestation publique n’a pu être organisée cette année. En sa qualité de première Ecole de formation des journalistes en République Démocratique du Congo et en Afrique centrale, l’Institut Facultaire des Sciences de l’Information et de la Communication « IFASIC » a donné de la voix, à travers son Recteur, le Professeur Rigobert Lapess Munkeni.

Rigobert Munkeni Lapess est Docteur en Sciences et techniques de l’information. Il est professeur des universités et son champs de recherche est le domaine de l’éthique et de la déontologie des opérateurs des médias. C’est donc avec toute l’autorité scientifique requise qu’il aborde la question de la responsabilité du journaliste dans la construction de la démocratie.

D’entrée de jeu, le Professeur Rigobert Munkeni estime que l’information journalistique est un pilier fondamental dans le processus de construction de la démocratie. Le journaliste est ainsi un acteur clé dans la formation d’une opinion publique ouverte au développement. D’où la nécessité d’une presse de qualité, servie par des journalistes responsables qui savent prendre le dessus sur l’activisme des réseaux sociaux.

L’exercice d’un journalisme responsable passe par le strict respect des lois et, surtout, l’attachement aux règles d’éthique et de déontologie professionnelles. En sa qualité de professeur d’éthique et déontologie professionnelle, Rigobert Munkeni recommande aux journalistes l’amour du métier et l’entêtement dans la vérité comme gages de l’exercice responsable de la profession.

Des préalables pour l’exercice d’un journalisme responsable…

L’exercice responsable du métier de journaliste suppose également l’aménagement d’un cadre permettant aux acteurs des médias d’avoir accès à l’information, particulièrement l’information institutionnelle. C’est là la sempiternelle question de l’accès aux sources.

Le Recteur de l’IFASIC estime également qu’il faut investir dans la formation des acteurs médiatiques. Ceux qui sont déjà en activité méritent d’être recyclés régulièrement dans le domaine de l’éthique, de la déontologie et de l’écriture journalistique. Les sessions de perfectionnement des journalistes peuvent être initiées par les corporations des journalistes.

Il faut aussi engager et poursuivre les concertations pouvant aboutir à la dépénalisation des délits de presse. Pour cela, un cadre de concertation permanente devrait être mis en place entre les organisations de la presse, les journalistes, les milieux judiciaires et les acteurs politiques.

Plusieurs défis à relever pour une presse vraiment responsable. Pour cela, le plus urgent est d’assurer un espace médiatique permettant aux journalistes d’accéder à l’information.