Un de rares congolais à avoir exercé les fonctions de Directeur à l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), Mabiala Ma-Umba vient de prendre sa retraite au terme de deux mandats riches en réalisations.

En effet, pendant six ans, ce produit de la cinquième promotion de l’ISTI-IFASIC a géré la Direction de l’Éducation et de la Jeunesse avec plusieurs résultats, dont la création de l’Institut de la Francophonie pour l’Education et la Formation « IFEF » et la mise en œuvre de la stratégie jeunesse qui lie actuellement l’ensemble des partenaires de la Francophonie.

En plus de sa prestigieuse carrière à l’OIF, Mabiala Ma Umba dispose d’une carte de visite bien solide, forgée à travers une incessante pratique de la communication pour le changement social et de comportement, son champ d’expertise.

Bien servi par la longue expérience accumulée dans le cadre d’un cursus qui tutoie la perfection, l’ancien Directeur à l’OIF nous livre une réflexion intéressante sur la manière dont on pourrait améliorer l’employabilité des jeunes qui sortent des filières de formation en sciences de la communication.

En guise de fondement à sa problématique, Mabiala Ma Umba fait état d’une augmentation sensible du nombre des jeunes qui vont à l’université au niveau de l’espace francophone. Cependant, note-t-il, après l’obtention de leurs diplômes, ces jeunes ont plusieurs préoccupations, notamment trouver un emploi décent.

Dans beaucoup de cas, poursuit l’ancien Directeur de l’éducation et de la jeunesse, ces jeunes diplômés issus des moules des sciences de la communication n’ont pas toujours les compétences correspondant à ce que recherche le monde du travail. Et pourtant, ce ne sont pas les emplois qui manquent.

Chez nous, fait savoir Mabiala Ma Umba, quand on parle d’emplois décents, on pense notamment aux agences du système des Nations Unies, aux ONG tant nationales qu’internationales. En regardant de près la description des postes proposés au niveau de ces organismes, on se pose la question de savoir si les institutions de formation préparent réellement les étudiants à accomplir les tâches attendues. Voilà pourquoi les institutions de formation devraient se mettre à l’écoute du monde de l’emploi et même l’associer à l’élaboration des programmes.

Dans la démarche des organisations de développement (PNUD, UNFPA, UNICEF…), il y a une constante. Celles-ci mettent l’accent sur la communication pour le développement. Ainsi donc, pour assurer aux jeunes gens plus de garantie de chances à trouver un emploi au sein de ces organismes de développement, il est urgent d’amorcer un nouveau virage en intégrant la dimension communication de développement dans les programmes de formation. Il est également important d’instaurer un dialogue permanent avec ces structures d’accueil des étudiants diplômés.

Il faut donc un virage en termes de révision des programmes car, ces structures veulent voir si les étudiants qui sortent des filières de communication sont en mesure d’apporter des réponses claires aux problèmes de malnutrition, d’alphabétisation, de santé…

Il va de soi que les étudiants qui sont formés dans ce sens n’auront pas de difficulté pour trouver du travail car il existe un marché énorme au niveau du secteur de la communication pour le développement qui reste une dimension intéressante de la communication.

En ce qui concerne la mise en œuvre d’un programme de communication pour le développement, Mabiala Ma Umba estime que la dimension Recherche est un préalable fondamental. On ne peut pas travailler dans une communauté ou sur des questions de développement sans passer au préalable par la recherche, on ne peut pas intervenir dans une communauté sans avoir les données de base sur ses soubassements.

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