Tout le monde l’appelle patriarche. Lui, c’est Ben-Clet Kankonde Dambu, deuxième promotion de l’Isti, aujourd’hui Ifasic. A bien l’observer, celui-ci a effectivement tout d’un patriarche.

Élégant tant par sa tenue vestimentaire que par la beauté de son langage (Encore un des traits caractéristiques des anciens de l’Isti-Ifasic), Ben-Clet Kankonde est un homme accrocheur par son sens élevé de l’humour et par la richesse de sa culture.

Rédacteur en chef au groupe de presse Le Potentiel, Ben-Clet Kankonde vient de mettre à la disposition des journalistes un ouvrage intéressant et pratique : Le bêtisier du journaliste en RD Congo. Un véritable vade mecum pour tout professionnel en conflit avec l’écriture journalistique, avec l’accord des verbes, avec le code de déontologie et d’éthique professionnelle… Bref, l’auteur engage une véritable croisade contre le laisser-aller orthographique et grammatical généralisé, la non-maîtrise des règles typographiques, la désacralisation de la fonction de secrétaire de rédaction, autant de maux qui menacent la crédibilité et l’avenir des médias congolais.

A propos de l’homme, il faut relever que Ben-Clet Kankonde a un destin plutôt atypique. En 1974, alors qu’il exerce tranquillement son métier d’agronome à Kananga (Province du Kasaï central), celui-ci participe au concours d’entrée au tout nouvel Institut des Sciences et Techniques de l’Information « Isti » (créé en 1973). Sur la cinquantaine de participants, il est le seul candidat retenu. Il débarque à Kinshasa pour le test oral qu’il passe devant le Professeur Buakasa Tulu Kia Mpasu.

Trois ans plus tard (1977), Ben-Clet décroche son diplôme de gradué en sciences et techniques de l’information, devenant ainsi le premier agronome-journaliste zaïrois. Il connait le même sort que les autres premiers diplômés de l’Isti. L’homme est purement et simplement cueilli par le marché de l’emploi, particulièrement, le Ministère de l’agriculture et du développement rural où il se voit confier la gestion de secteur de l’information. Le nouveau diplômé est ainsi parti pour une carrière qui va durer douze ans. Dans sa gibecière : 350 émissions agricoles, un magazine spécialisé (Agripress actualités), deux ouvrages de référence…, sans oublier la création de l’association des journalistes agricoles du Zaïre, membre de la fédération internationale des journalistes agricoles.

En 1989, Ben-Clet quitte le Ministère de l’agriculture et intègre la grande presse. Après une année au journal l’Analyste, il rejoint le groupe de presse Le Potentiel où il occupe le poste de rédacteur en chef. Cette position lui permet d’amorcer quelques réformes. Le patriarche ne transige pas avec l’excellence. Désormais, le recrutement des journalistes se fait sur base d’un concours. Des séances de mise à niveau sont organisées pour ceux qui n’ont pas la formation journalistique. Les résultats ne se font pas attendre. Depuis lors, le groupe de presse Le Potentiel s’est imposé tant sur le marché de la presse que dans le microcosme politique.